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dimanche 21 avril 2019

Notre-Dame en flammes !

Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !

Et dans ce flamboyant cauchemar, la flèche dressée vers Dieu qui chute vers l'Enfer !

Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !

Le sublime, à l'état pur: beau et terrible à la fois !
Un immense bûcher des vanités, le deuil d'une civilisation morte.

Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !

Ce soir, tout Paris est silencieux, du silence d'un tombeau.
Ce soir, toute la France est comme orpheline d'une parente qu'on croyait éternelle.
Ce soir, le monde entier est en suspens, en déni, comme on l'est devant une blessure imprévue, devant un membre fantôme.

Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !

Qu'on le fasse donc se taire, cet ennemi que l'Homme a dérobé aux Cieux pour son malheur,
Ce Lucifer qui s'attaque au sanctuaire de pierre des hommes de prières et des hommes de doutes !

Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !

Mais avec le temps, avec du courage, avec difficulté, comme l'homme humilié se relève, dressant son poing pugnace face à l'adversité, la vieille Dame de pierre dressera à nouveau, vers son époux, fils et père, sa flèche pleine de paix, de bonté et d'espérance prospère.

JBH

dimanche 21 février 2016

Tombeau d'Umberto Eco


Exit le grand Umberto quand naît le poisson !
Ecce Eco ! Ecce Eco ! Ecce homo !

Lui, le plus grand auteur de ce temps qui se meurt,
Le plus grand écrivain de ce siècle encore nain !
Ecce Eco ! Ecce Eco ! Ecce homo !

Le Patron bienveillant des bibliothécaires,
Des chercheurs, enseignants et autres littéraires !
Ecce Eco ! Ecce Eco ! Ecce homo !

Mais que fait donc la Vie?
Hier Chris et Harper Lee,
Cyrano aujourd'hui !
Mais que fait donc la Mort? Et qui va l'arrêter
Dans sa course longue et folle
Qui meurtrit et affole
La pensée moribonde qu'elle impose à l'esprit
Où les livres abondent auxquels il prête vie
Lui, une bibliothèque digne d'Alexandrie
Lui qui est plus qu'un être,
Lui qui est un souris,
Ecce Eco ! Ecce Eco ! Ecce deo !

 
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dimanche 21 juillet 2013

Roberto Begnini

En voilà bien un nom qui chante l'Italie!
Un nom, une présence, une agitation folle,
Quelques rires, tous ces gestes et toutes ces paroles!
En bref, une farandole!

En voilà bien un homme qui respire l'Italie!
Dont l'heur communiquant contamine à la ronde,
Déride les coeurs pluvieux et ceux qui se morfondent
Et dit "Je t'aime!" au monde.

Ses gestes qui n'égalent que ses plaisanteries
Un zeste de Venise, de Rome, bref, d'Italie
Ce concentré de joie: Roberto Begnini!



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mardi 16 juillet 2013

Fabrice Luchini



Molière est de retour! Tremblez mes chers amis!
Sa voix dans nos faubourgs, à Versailles, à Paris,
Est revenue des morts! Avec effronterie,
Porte jusque chez nous ses flèches et railleries:
Nos moeurs sont de nouveau sujets de comédie!

Il emprunte d'autres traits et un nom d'Italie,
Sa voix sort de ses textes aussi forte que jadis
Au travers de la bouche magistrale de celui
Qui répond au doux nom de Fabrice Luchini.




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lundi 27 mai 2013

50 ans de God saves the Queen : Hymne au Docteur Who

Une boîte bleue azur, cabine de policier
Qui voyage et s'avance par les champs étoilés.

Le dernier rescapé du monde de Gallifrey
Seuls le Grand Méchant Loup et sa baie ne l'effraient.

Sa route est jalonnée des Daleks, les Sans-Coeurs
Et à certains tournants l'épient des anges pleureurs.

Il est mort tant de fois et a vu l'Univers
Et malgré tout il n'aime que notre risible terre.

Il préserve la paix, son unique valeur,
Avec son tournevis  remet nos coeurs à l'heure,
Nous guérit de nos haines : On le nomme le Docteur.


50 ans de God saves the Queen: Hymne à James Bond 007

Où la terre est en feu et le ciel menaçant
Où les abîmes des mers grouillent de monstres d'acier
C'est au royaume de Logres que l'on demande de l'aide!

Où Berlin balafrée voit sa face changée, laide
Où un Spectre joue à l'oie avec le monde entier 
C'est une Aston Martin qui sauve les innocents!

Un gentleman conduit ce destrier qui gronde
Comme le tonnerre dans sa course vagabonde
Qui s'élance d'Est en Ouest et en tous points du monde.

C'est du fait de cet homme si les diables se morfondent.
Un chevalier moderne face aux dragons immondes.
Sur son blason un nom est inscrit: Bond, James Bond.


















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samedi 22 septembre 2012

Le Poète archéologue


(à Jérémie Letutour )

Ils cherchent des palais, des pyramides d'or;
Ils cherchent des villes entières sous d'anciens châteaux forts,
D'antédiluviennes tombes et leurs rupestres peintures,
De temples et de statues bâtis par le futur,
Et combien d'autres encore monuments analogues!

Cependant, profane, le poète archéologue
Recherche d'autres vestiges d'un tout autre passé!
Il lui suffit deux marches gisant au pied d'un mur,
De fenêtres condamnées l'outil de fermeture,
D'une porte sibylline qui donne Dieu ne sait où,
Des traces indélébiles d'un lieu qui était tout,
D'un parfum que le temps ne saurait disperser,
Des pas d'une personne qu'il ne peut amuïr,
De fragments de mémoires qu'il ne saurait détruire,
D'un monde tombé victime de l'actualité
Et qui attend son heure pour se réaffirmer.

N'en déplaise à Maulpoix, poète de la chute,
Qui voit Venise couler, dans Paris plein de putes,
Son parent de la Muse, le poète archéologue,
Trouve sous les bateaux mouches, les barques et les pirogues,
Promène sous l'obélisque son ombre d'égyptologue,
Au détour d'une avenue, contemple d'un air contrit
Les deux noms d'une même rue, épilogue, incipit,
Et assis sur les toits, d'un oeil embrasse Paris
Perçoit la Tour de Nesle et la Bastille infâme
Que cachent la Tour Eiffel et le Boulevard Haussmann:
Sous son regard artiste, la ville redevient île.

 Et notre capitale n'est qu'un humble lieu de fouille:
Paris n'est qu'un musée où s'amasse la foule.
Car c'est en de lieux simples que cherche le poète,
Loin des villes immenses et leurs historiettes.
Limoges le passionne, Rambouillet lui sourit.
Le palimpseste des marelles dans les cours d'école
Est plus cher à son coeur que la grande Coupole.

Toi, simple promeneur, si tu fais attention
Et abandonne ton coeur à l'imagination,
Tu peux être ce poète qui entre les temps vogue,
Tu peux être à ton tour poète archéologue.


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mercredi 13 juin 2012

Montagne



Ô Paradis de Jean, humble, honnête retraite !
Ô Mur aux conquérants avec tes longues arrêtes !
Toi Refuge, Toi Rempart, qui renferme les rêves,
Dont les arbres et leur ombre donnent au poète la sève
Qui insuffle au sang sombre quelques airs bucoliques
Et rappelle un calme dense du fond des temps antiques !
Eden immaculé, monument d'origine
Loin des villes couronnées d'usines et de latrines,
Gangrenées de goudron sans fleurs et sans saisons !
Soigne mes urbaines passions et faisons union !
Que mes troubles, dans tes hauteurs, s'arrêtent !
Ô Paradis de Jean, humble, honnête retraite !















 
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dimanche 6 mai 2012

Ces lesbiennes que j'abrite




La page assourdissante autour de moi hurlait:
Les jets de voix croissants d'un flot de personnages
Au fur et à mesure
Que s'ouvrit la lecture.
Paroles gelées voletant, se cognant dans leur cage
De papier, de laquelle leurs suppliques émanaient...
Quelle maudite torture
Qui pousse à la lecture!
De la page oppressante, ma voix les libérait
Mais cet affranchissement, au sauveur chronophage
Le livrait en pâture
Aux chimères de lecture:
Les voix de cette page ont fait un tel ravage
Que mes paroles se mêlent à celles de ces sonnets.

 
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jeudi 18 août 2011

Passion sicilienne



Mes yeux couleur alcool sous un borsalino
Te guettent tel Capone, en bons pistoléros,
Bourrés de vitriol, de fièvre et de sang chaud
Car mon coeur sicilien, que ce rival brisa
Rendu fou de chagrin, s'en va en Vendetta.

Mes yeux couleur mitraille, comme milles révolvers,
Te poursuivent et t'entaillent d'une pluie de bouts de verre,
Ces souvenirs en chamaille qui me changent en gangster.
Rendu fou de chagrin, mon coeur sicilien,
Que ce rival brisa, s'en va en Vendetta.

Car cette trahison risque de te coûter gros:
Couleur prohibition, mes yeux troueront ta peau,
Sans façon brûleront mon alcool le plus beau,
Et mon coeur sicilien perdu en Vendetta,
Rendu fou de chagrin, ce rival brisera.


dimanche 31 juillet 2011

France Gall


Une petite pochette, vulgaire bout de carton,
Où trône imperturbable ce superbe ange blond
Qui d’une voix flutée fredonne un air sucré
Qui traite de sucettes aux formes « adultérées ».
Annie, qu’un méchant loup au rire alcoolisé
Tortueusement, les lèvres en biais, laisse chanter.
Cette petite écolière qui condamne Charlemagne,
Cette étoile du Berger d’un pays de Cocagne
Où Orphée comme Pan savent écrire, chanter,
Avec leurs instruments des œuvres affinées.

WESTERN


Dans les plaines de sable où milles serpents pèlerins
Voguent, seuls, misérables, dans des ruisseaux sanguins,
S’avancent silencieusement deux paires de bottes muettes.
Deux regards mornes et sombres se heurtent avec mépris ;
Pour spectateurs le vent et deux vieilles charrettes,
Le soleil se peint, le ciel se tâche de gris :


Pan ! Pan ! Pan ! Dans ce sinistre bruit,
En un furtif instant, tout commence et finit.
Le ciel redevient feu comme la terre braise
Rafraîchi par du sang comme un coulis de fraise. 

Liturgie de pirate


Il songe le Capitaine du Hollandais volant :
Il a aimé hier deux grands yeux océans
Qui devaient le garder dans un doux sanctuaire
Loin des sirènes ambrées et du péril des mers…
Mais la mer est trompeuse et bien peu nourricière
Comme la marée osseuse des souvenirs en poussière…

Il ère le Capitaine du Hollandais volant :
Il cherche une âme sincère à terre tous les sept ans
Et rentre à bord bredouille, son cœur dans un vieux coffre
Et chaque port où il mouille croit un peu moins qu’il l’offre…
Mais du fond de sa peine, il contemple le couchant
Et…chante, le Capitaine du Hollandais volant…