Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !
Et dans ce flamboyant cauchemar, la flèche dressée vers Dieu qui chute vers l'Enfer !
Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !
Le sublime, à l'état pur: beau et terrible à la fois !
Un immense bûcher des vanités, le deuil d'une civilisation morte.
Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !
Ce soir, tout Paris est silencieux, du silence d'un tombeau.
Ce soir, toute la France est comme orpheline d'une parente qu'on croyait éternelle.
Ce soir, le monde entier est en suspens, en déni, comme on l'est devant une blessure imprévue, devant un membre fantôme.
Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !
Qu'on le fasse donc se taire, cet ennemi que l'Homme a dérobé aux Cieux pour son malheur,
Ce Lucifer qui s'attaque au sanctuaire de pierre des hommes de prières et des hommes de doutes !
Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !
Mais avec le temps, avec du courage, avec difficulté, comme l'homme humilié se relève, dressant son poing pugnace face à l'adversité, la vieille Dame de pierre dressera à nouveau, vers son époux, fils et père, sa flèche pleine de paix, de bonté et d'espérance prospère.
JBH
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dimanche 21 avril 2019
mercredi 7 octobre 2015
Complainte des exilés loin de soi quels qu'ils soient
Sur les bris de leur néant ronronne l'amère,
Sur les ruines de leur présent, tout indiffère
Et tout est silencieux, et tout est solitaire
Comme un ver parasite, fracas d'une carrière -
Carrière d'hommes, non de pierres -
Encore que sous le lierre,
Hors du glorieux Hier,
Rien ne bat: tout s'enterre
Perdu dans cet enfer.
Ô, vous qui détruisez et qui croyez bien faire:
Venez donc écouter ces fantômes de pluie
Et leurs pleurs éphémères
Que bientôt feront taire
Seigneur Temps, Dame Mort qui tout drainent dans l'oubli!
Seul restera gravé sur l'asphalte entaché
Du sang des trépassés
Votre nom, signature de culpabilité,
Signature de qui chasse, qui condamne sans sauver.
Un
monde sans…

Un monde sans... by Jean-Baptiste Hassler est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported.
mardi 28 octobre 2014
Pour un Art poétique
Une grande œuvre jamais ne recherche
ni ne convoque le public.
Au contraire, elle le rejette, se ferme
à lui, prend autant que possible ses distances. Car l'accès au
message se mérite et le message jamais ne mendie . Car l'auteur réel
est altier, prisonnier des hauteurs nébuleuses d'où il s'adresse
aux autres hommes. Seul un auteur de souk se fait imprésario
et prostitue son livre.
Et l'art poétique, le seul, le
véritable, s'est glissé comme un vœu dans les préfaces de Racine,
les épigraphes désinentiels de Balzac loin des piteux "Oyez !"
de Chrétien et des promesses phatiques de Guillaume de Lorris, par
exemple.
Écrire,
c'est s'adresser au temps et à l'espace pour des lecteurs
clairvoyants. C'est parler depuis sa tombe aux lecteurs de demain ;
parler à travers le bruit médiatique et malgré les quolibets aux
sages contraints de vivre dans le troupeau vulgaire ; parler
enfin aux géants de l'Hier qui nous regardent, pygmées, avec une
bienveillante mais dépitée condescendance.
Une
grande œuvre ne plaît pas.
Elle
ne génère ni argent, ni foule en délire, ni panique au supermarché
à sa publication, ni même l'encensement de la critique.
Car
elle n'est pas un objet commercial. Elle est une part d'idéal.
Car
elle n'est pas démocratique. Opaque, hermétique, obscure, fermée
au commun, elle n'a pour destinataire qu'une intimiste élite d'yeux
capables de discerner ce que cèle chaque mot, chaque lettre.
***
Le
lecteur est un alchimiste, un chercheur de trésor. L'auteur donne un
talent dont il sait faire de l'or et cet or – de culture, de
sagesse – seul est sa réelle richesse. Et, bien que fabricant de
ce métal précieux, humble il est et reconnaissant au sol qui lui
donna la matière brute d'où il a pu l'extraire.
Le
lecteur est un orfèvre du livre et de la page : sa peine
chronophage le cloue toujours aux mêmes passages – comme des
visiteurs de musée toujours en la même salle, des promeneurs
solitaires toujours en la même clairière – où il médite toutes
les pensées dites derrière un simple mot.
Le
lecteur commence un livre, jamais ne le finit. Car aucune de ses
escales ne suffit à user les splendeurs qu'il puise dans une scène,
au détour d'un chapitre, dans la mélopée d'une phrase
complète, inachevée :
"
Et l'unique cordeau des
trompettes marines "
***
L'auteur,
lui, est comme Dieu ; il crée, il modèle, met en scène et
jamais ne s'explique. Car, s'il le faisait, d'où viendrait que l'on
lise ?
Non,
l'auteur qui régit, qui définit, qui range et classe son œuvre est
un tortionnaire et un esclavagiste qui mutile son œuvre et jette le
lecteur aux fers d'une pensée unique.
L'auteur,
lui, est comme Dieu. Un Verbe créateur, une parole amie qui tient
compagnie au lecteur qui daigne l'entendre. Un proche qui le suit
partout, qui lui livre son cœur et auquel parfois le lecteur livre
le sien en retour.
Maris
jaloux, tremblez ! Il se peut que Balzac soit l'amant de votre
femme.
Solitaires
qui semblez perdus, incompris, en ces temps incertains, souriez !
Il y a toujours un auteur qui à votre oreille peut dire : "La
lecture nous donne des amis inconnus, et quel ami qu'un lecteur !
Nous avons des amis connus qui ne lisent rien de nous !".
***
Mais
pour qu'existe une telle relation, il faut bien qu'elle soit sincère.
Or,
comment le lecteur d’œuvres commerciales, l’œuvre qui cherche à
complaire et l'auteur démagogue pourraient-ils tisser entre eux des
liaisons honnêtes ayant un fond réel ? Certaines d'entre elles
font penser à des entretiens d'ascenseur relatifs à la pluie et au
beau temps ; d'autres, à un désert assourdit d'un silence
bruyant.
L'auteur
sélectif, l’œuvre méditative et le public choisi le peuvent car
il y a entre eux une rencontre qui ne fait aucune promesse mais peut
provoquer un coup de foudre.
Je
dis d'un livre que c'est un bon livre " parce
que c'était lui, parce que c'était moi
".
Un
monde sans…

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samedi 24 mai 2014
Une promenade champêtre
Un éclair de blancheur!
Mille bouquets en fleurs:
Muguets, lys, lauriers blancs,
Marée! Resplandissante,
De jaune des blés et même
De bleu, de violet,
Mais des myosotis,
Brisent l'épiphanie.
Une ombre rassurante.
Et son calme, un vent frais.
Au milieu, une sente,
Où l'on peut en retrait
Rêver, et vivre enfin
Se rappeler ce qu'est,
Hors de ville, hors des soins,
La vie belle, la vive vraie.

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Mille bouquets en fleurs:
Muguets, lys, lauriers blancs,
Marée! Resplandissante,
De jaune des blés et même
De bleu, de violet,
Mais des myosotis,
Brisent l'épiphanie.
Une ombre rassurante.
Et son calme, un vent frais.
Au milieu, une sente,
Où l'on peut en retrait
Rêver, et vivre enfin
Se rappeler ce qu'est,
Hors de ville, hors des soins,
La vie belle, la vive vraie.

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Vaine quête
Tout a changé de face: lieux et places. Peu s'en faut
Du moins, lorsqu'on va en un coin connu, perdu,
Sans repère. Une rue, une pierre font défaut.
Lors, petit à petit, on se sent inconnu.
Le corps d'une ville change plus que celui d'un être
Et cette métamorphose, plus qu'un simple paraître:
Des cris sous les entailles de ses chirurgiens fous.
Déléthée, lors notre âme s'abîme au fond d'un trou.
Où suis-je? Qui suis-je? et pis, à quel monde j'appartiens?
Mon ailleurs passéiste n'est pourtant pas lointain
Et mes doigts sur un mur, mes yeux cherchent avec soin,
Cherchent débris, brisures, vestiges encore témoins.
Mais rien, sinon l'azur, complice du futur,
Ne parle: ce que j'aimai n'est bientôt que murmures.

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Du moins, lorsqu'on va en un coin connu, perdu,
Sans repère. Une rue, une pierre font défaut.
Lors, petit à petit, on se sent inconnu.
Le corps d'une ville change plus que celui d'un être
Et cette métamorphose, plus qu'un simple paraître:
Des cris sous les entailles de ses chirurgiens fous.
Déléthée, lors notre âme s'abîme au fond d'un trou.
Où suis-je? Qui suis-je? et pis, à quel monde j'appartiens?
Mon ailleurs passéiste n'est pourtant pas lointain
Et mes doigts sur un mur, mes yeux cherchent avec soin,
Cherchent débris, brisures, vestiges encore témoins.
Mais rien, sinon l'azur, complice du futur,
Ne parle: ce que j'aimai n'est bientôt que murmures.

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Libellés :
Chroniques d'une désillusion,
Méditations,
Tableaux
samedi 31 août 2013
Un chasse-neige
(à Hamida Hassine, sa première lectrice, qui souhaite qu'à son projet ce chasse-neige aboutisse)
Ô gondoles vénitiennes, Ô châteaux de grès rose!
Et vous, brillant granit des dolmens de Bretagne!
Combien dans mon Paris ... vous dirais-je si j'ose?
Vous manquez à mon âme, heureux mâts de Cocagne...
Moi, mon mât naufragé, penche, pris dans les glaces,
Coule, coule, coule, coule, coule, coule,
Et l'eau monte, monte, et envahit ma face.
Pourtant dans mes oreilles vos doux zéphyrs roucoulent ...
Souvenirs de vacances, embrasez-moi ces brumes
Grises de tous tracas que les métros parfument!
Brûlez-moi ces chiffons, repeignez tout en vert!
Ô vous Soleil d'été, vents frais des matinées!
Ô vous encore au seuil, sur vos pas revenez!
Et grâce, chers souvenirs, chassez pour moi l'Hiver!

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Ô gondoles vénitiennes, Ô châteaux de grès rose!
Et vous, brillant granit des dolmens de Bretagne!
Combien dans mon Paris ... vous dirais-je si j'ose?
Vous manquez à mon âme, heureux mâts de Cocagne...
Moi, mon mât naufragé, penche, pris dans les glaces,
Coule, coule, coule, coule, coule, coule,
Et l'eau monte, monte, et envahit ma face.
Pourtant dans mes oreilles vos doux zéphyrs roucoulent ...
Souvenirs de vacances, embrasez-moi ces brumes
Grises de tous tracas que les métros parfument!
Brûlez-moi ces chiffons, repeignez tout en vert!
Ô vous Soleil d'été, vents frais des matinées!
Ô vous encore au seuil, sur vos pas revenez!
Et grâce, chers souvenirs, chassez pour moi l'Hiver!
Un monde
sans…

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samedi 25 mai 2013
Oxymores
Ma foi, c'est drôlement triste, tristement drôle.
Comme une rouge cerise sous une averse de grêle,
Comme la rue déserte d'une grise aquarelle
Qu'envahissent soudainement des taches fauves incertaines
(Peu d'abord - une ou deux - plusieurs, puis des centaines),
Qui désormais le peuplent, l'irriguent, lui prêtent vie ...
Ma foi, c'est drôlement triste, tristement drôle.
Comme la fleur solitaire d'un égout de Paris,
Un homme loin de sa terre dans l'urbaine tracasserie,
Comme Un singe en hiver, son ambiance douce-amère,
Tout comme un rire qui pleure, une angoisse éphémère
Ou le double tranchant d'un souvenir d'exilé ...
Ma foi, c'est drôlement triste, tristement drôle.
Comme Venise asséchée, Las Vegas inondée,
D'aigris nuages qui font d'un matin une veillée,
Le soir d'un jour pluvieux, la clarté d'une pleine lune,
Le sourire d'un ennui, celui de l'infortune ,
Comme l'incompréhension d'un cosmos insondable ...
Ma foi, c'est drôlement triste, tristement drôle.
Comme la peur de chimères passantes, déraisonnables
Qui peint l'autour-de-soi étrange, méconnaissable,
Transforme les détails en monstres infatigables.
Et l'instant va trop vite ou bien trop lentement,
Et ainsi se dandine ce fleuve un peu serpent ...
La vie: c'est drôlement triste, tristement drôle.

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Comme une rouge cerise sous une averse de grêle,
Comme la rue déserte d'une grise aquarelle
Qu'envahissent soudainement des taches fauves incertaines
(Peu d'abord - une ou deux - plusieurs, puis des centaines),
Qui désormais le peuplent, l'irriguent, lui prêtent vie ...
Ma foi, c'est drôlement triste, tristement drôle.
Comme la fleur solitaire d'un égout de Paris,
Un homme loin de sa terre dans l'urbaine tracasserie,
Comme Un singe en hiver, son ambiance douce-amère,
Tout comme un rire qui pleure, une angoisse éphémère
Ou le double tranchant d'un souvenir d'exilé ...
Ma foi, c'est drôlement triste, tristement drôle.
Comme Venise asséchée, Las Vegas inondée,
D'aigris nuages qui font d'un matin une veillée,
Le soir d'un jour pluvieux, la clarté d'une pleine lune,
Le sourire d'un ennui, celui de l'infortune ,
Comme l'incompréhension d'un cosmos insondable ...
Ma foi, c'est drôlement triste, tristement drôle.
Comme la peur de chimères passantes, déraisonnables
Qui peint l'autour-de-soi étrange, méconnaissable,
Transforme les détails en monstres infatigables.
Et l'instant va trop vite ou bien trop lentement,
Et ainsi se dandine ce fleuve un peu serpent ...
La vie: c'est drôlement triste, tristement drôle.
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dimanche 18 novembre 2012
Poison noir
Un monde tout de craie qui s'effondre et s'effondre,
Un monde qui s'effraie devant l'onde, devant l'onde;
Fragile et en geignant, il oscille dans l'abîme
Qui l'effeuille lentement, y fourmille et l'abime...
Et de grands rocs poudreux s'émiettent en poussière,
Laquelle, blanchâtre écume, entache le planisphère
L'enterrant tout vivant sous les neiges d'Alzheimer
Dans l'obscur noir néant du fond de l'Univers.
Venise est sous les eaux, Athènes désespère,
Madrid dans le chaos voit New York sous les mers:
Tout semble un bout de bois que l'onde calme malmène
Tant vains sont les émois de la folle race humaine
Qui a vendu son âme aux flancs gras du veau d'or,
A présent prend les armes contre ceux qui pérorent
Qui donnent pour la nourrir des pilules qu'ils dorent
Et à l'heure du dormir, avant qu'arrive l'aurore,
En ogres et bons vampires, la pompent et la dévorent.
Et dedans cet ivraie, mon coeur est, hypocondre,
Un monde tout de craie qui s'effondre et s'effondre.

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cette image est issue de l'excellent Skyfall, 23e James Bond 007
Un monde qui s'effraie devant l'onde, devant l'onde;
Fragile et en geignant, il oscille dans l'abîme
Qui l'effeuille lentement, y fourmille et l'abime...
Et de grands rocs poudreux s'émiettent en poussière,
Laquelle, blanchâtre écume, entache le planisphère
L'enterrant tout vivant sous les neiges d'Alzheimer
Dans l'obscur noir néant du fond de l'Univers.
Venise est sous les eaux, Athènes désespère,
Madrid dans le chaos voit New York sous les mers:
Tout semble un bout de bois que l'onde calme malmène
Tant vains sont les émois de la folle race humaine
Qui a vendu son âme aux flancs gras du veau d'or,
A présent prend les armes contre ceux qui pérorent
Qui donnent pour la nourrir des pilules qu'ils dorent
Et à l'heure du dormir, avant qu'arrive l'aurore,
En ogres et bons vampires, la pompent et la dévorent.
Et dedans cet ivraie, mon coeur est, hypocondre,
Un monde tout de craie qui s'effondre et s'effondre.
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Libellés :
Corde d'airin,
Méditations,
Poèmes nocturnes
dimanche 30 septembre 2012
Reste encore, doux Phébus !
Reste encore, doux Phébus, et sur ma gaie campagne,
Promène ta douce chaleur qui sur la route m'épargne
De mes ennuis, mes pleurs et ma mélancolie!
Reste encore, doux Phébus, ma pâle âme à Paris
Se dilate, s'évapore dans la brume et la foule
Et comme une flaque de pluie dans les égouts s'écoule!
Reste encore, doux Phébus; au moins dans mes prairies
Parmi les jolies lianes ou sur l'herbe affaiblie,
Pour redorer les blés sur lesquels je repose!
Et ne te laisse pas vaincre, pour que moi aussi j'ose
Par l'humeur noire et froide du vieillard hivernel
Ne prive pas Phaeton d'une figure paternelle!
Reste encore, doux Phébus, aux rênes de ce séjour
Et pour prévenir que ne se couche le jour
Trop tôt, abat Septembre et son châle de feuilles mortes!
Reste encore, doux Phébus, au moins derrière ma porte!

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Promène ta douce chaleur qui sur la route m'épargne
De mes ennuis, mes pleurs et ma mélancolie!
Reste encore, doux Phébus, ma pâle âme à Paris
Se dilate, s'évapore dans la brume et la foule
Et comme une flaque de pluie dans les égouts s'écoule!
Reste encore, doux Phébus; au moins dans mes prairies
Parmi les jolies lianes ou sur l'herbe affaiblie,
Pour redorer les blés sur lesquels je repose!
Et ne te laisse pas vaincre, pour que moi aussi j'ose
Par l'humeur noire et froide du vieillard hivernel
Ne prive pas Phaeton d'une figure paternelle!
Reste encore, doux Phébus, aux rênes de ce séjour
Et pour prévenir que ne se couche le jour
Trop tôt, abat Septembre et son châle de feuilles mortes!
Reste encore, doux Phébus, au moins derrière ma porte!
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samedi 22 septembre 2012
Le Poète archéologue
(à Jérémie Letutour )
Ils cherchent des palais, des pyramides d'or;
Ils cherchent des villes entières sous d'anciens châteaux forts,
D'antédiluviennes tombes et leurs rupestres peintures,
De temples et de statues bâtis par le futur,
Et combien d'autres encore monuments analogues!
Cependant, profane, le poète archéologue
Recherche d'autres vestiges d'un tout autre passé!
Il lui suffit deux marches gisant au pied d'un mur,
De fenêtres condamnées l'outil de fermeture,
D'une porte sibylline qui donne Dieu ne sait où,
Des traces indélébiles d'un lieu qui était tout,
D'un parfum que le temps ne saurait disperser,
Des pas d'une personne qu'il ne peut amuïr,
De fragments de mémoires qu'il ne saurait détruire,
D'un monde tombé victime de l'actualité
Et qui attend son heure pour se réaffirmer.
N'en déplaise à Maulpoix, poète de la chute,
Qui voit Venise couler, dans Paris plein de putes,
Son parent de la Muse, le poète archéologue,
Trouve sous les bateaux mouches, les barques et les pirogues,
Promène sous l'obélisque son ombre d'égyptologue,
Au détour d'une avenue, contemple d'un air contrit
Les deux noms d'une même rue, épilogue, incipit,
Et assis sur les toits, d'un oeil embrasse Paris
Perçoit la Tour de Nesle et la Bastille infâme
Que cachent la Tour Eiffel et le Boulevard Haussmann:
Sous son regard artiste, la ville redevient île.
Et notre capitale n'est qu'un humble lieu de fouille:
Paris n'est qu'un musée où s'amasse la foule.
Car c'est en de lieux simples que cherche le poète,
Loin des villes immenses et leurs historiettes.
Limoges le passionne, Rambouillet lui sourit.
Le palimpseste des marelles dans les cours d'école
Est plus cher à son coeur que la grande Coupole.
Toi, simple promeneur, si tu fais attention
Et abandonne ton coeur à l'imagination,
Tu peux être ce poète qui entre les temps vogue,
Tu peux être à ton tour poète archéologue.

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Paris n'est qu'un musée où s'amasse la foule.
Car c'est en de lieux simples que cherche le poète,
Loin des villes immenses et leurs historiettes.
Limoges le passionne, Rambouillet lui sourit.
Le palimpseste des marelles dans les cours d'école
Est plus cher à son coeur que la grande Coupole.
Toi, simple promeneur, si tu fais attention
Et abandonne ton coeur à l'imagination,
Tu peux être ce poète qui entre les temps vogue,
Tu peux être à ton tour poète archéologue.
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