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dimanche 21 avril 2019

Notre-Dame en flammes !

Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !

Et dans ce flamboyant cauchemar, la flèche dressée vers Dieu qui chute vers l'Enfer !

Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !

Le sublime, à l'état pur: beau et terrible à la fois !
Un immense bûcher des vanités, le deuil d'une civilisation morte.

Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !

Ce soir, tout Paris est silencieux, du silence d'un tombeau.
Ce soir, toute la France est comme orpheline d'une parente qu'on croyait éternelle.
Ce soir, le monde entier est en suspens, en déni, comme on l'est devant une blessure imprévue, devant un membre fantôme.

Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !

Qu'on le fasse donc se taire, cet ennemi que l'Homme a dérobé aux Cieux pour son malheur,
Ce Lucifer qui s'attaque au sanctuaire de pierre des hommes de prières et des hommes de doutes !

Braise !
Feu, flamme, flammes, feux,
Braises !

Mais avec le temps, avec du courage, avec difficulté, comme l'homme humilié se relève, dressant son poing pugnace face à l'adversité, la vieille Dame de pierre dressera à nouveau, vers son époux, fils et père, sa flèche pleine de paix, de bonté et d'espérance prospère.

JBH

samedi 25 mai 2013

Oxymores

Ma foi, c'est drôlement triste, tristement drôle.

Comme une rouge cerise sous une averse de grêle,
Comme la rue déserte d'une grise aquarelle
Qu'envahissent soudainement des taches fauves incertaines
(Peu d'abord - une ou deux - plusieurs, puis des centaines),
Qui désormais le peuplent, l'irriguent, lui prêtent vie ...

Ma foi, c'est drôlement triste, tristement drôle.

Comme la fleur solitaire d'un égout de Paris,
Un homme loin de sa terre dans l'urbaine tracasserie,
Comme Un singe en hiver, son ambiance douce-amère,
Tout comme un rire qui pleure, une angoisse éphémère
Ou le double tranchant d'un souvenir d'exilé ...

Ma foi, c'est drôlement triste, tristement drôle.

Comme Venise asséchée, Las Vegas inondée,
D'aigris nuages qui font d'un matin une veillée,
Le soir d'un jour pluvieux, la clarté d'une pleine lune,
Le sourire d'un ennui, celui de l'infortune ,
Comme l'incompréhension d'un cosmos insondable ...


Ma foi, c'est drôlement triste, tristement drôle.

Comme la peur de chimères passantes, déraisonnables
Qui peint l'autour-de-soi étrange, méconnaissable,
Transforme les détails en monstres infatigables.
Et l'instant va trop vite ou bien trop lentement,
Et ainsi se dandine ce fleuve un peu serpent ...

La vie: c'est drôlement triste, tristement drôle.




Contrat Creative Commons
Un monde sans... by Jean-Baptiste Hassler est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported.


dimanche 18 novembre 2012

Poison noir

Un monde tout de craie qui  s'effondre et s'effondre,
Un monde qui s'effraie devant l'onde, devant l'onde;

Fragile et en geignant, il oscille dans l'abîme
Qui l'effeuille lentement, y fourmille et l'abime...
Et de grands rocs poudreux s'émiettent en poussière,
Laquelle, blanchâtre écume, entache le planisphère
L'enterrant tout vivant sous les neiges d'Alzheimer
Dans l'obscur noir néant du fond de l'Univers.

Venise est sous les eaux, Athènes désespère,
Madrid dans le chaos voit New York sous les mers:
Tout semble un bout de bois que l'onde calme malmène
Tant vains sont les émois de la folle race humaine
Qui a vendu son âme aux flancs gras du veau d'or,
A présent prend les armes contre ceux qui pérorent
Qui donnent pour la nourrir des pilules qu'ils dorent
Et à l'heure du dormir, avant qu'arrive l'aurore,
En ogres et bons vampires, la pompent et la dévorent.

Et dedans cet ivraie, mon coeur est, hypocondre,
Un monde tout de craie qui s'effondre et s'effondre.




Contrat Creative Commons
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cette image est issue de l'excellent Skyfall, 23e James Bond 007

vendredi 19 août 2011

Les Euménides



Tic-tac, tic-tac, tic-tac : Elles, te regardent déjà !
Le Temps lentement passe : Elles, ne te quittent pas
Et chantent : « tic-tac, tic-tac » , un rouge sourire aux lèvres
Et bienveillantes grondent : «  tic-tac, tic-tac, tic-tac »
Et te guettent, crocodiles affamés, et sans trêve
Tic-tac, tic-tac, tic-tac, comme milles attaques…
                                 *
Ding dong, ding dong, ding dong ! ça y est, cette fois, elles viennent !
Ton cœur blessé se rompt dans une immense arène
Où milles souvenirs viennent le voir périr !
Ding, …silence, dong…absence et puis déjà plus rien
Que ces petites furies aux longs crocs acérés
Qui usent tes tympans de milles mélopées …
                                 *
Ding dong, ding dong ! ça y est, ça recommence!
Tic-tac, tic-tac, tic-tac : une nouvelle enfance…

 

jeudi 18 août 2011

Echos du Caveau



Brise qui se brise sur ces poignées
Tu frises ce garçon oublié
Des bises de celles qu'il a aimé,
Hantises de sanglots étranglés
Et comme brisé semble rire,
Sourires rouillés, sombres délires.
Brûlée, sa voix vibre et se brise...

 

dimanche 31 juillet 2011

Faust aux Enfers


La Nuit comme un chat gris se promène sur Paris
Comme l'assombrit le Soir et sa compagne Pluie.
Cette ville infernale et ses champs Elysées,
Et ces musées où râlent des momies essoufflées,
Ô lugubre cachot où je meurs peu à peu
Dans les cris des métros et le rouge des feux.
Les péniches sur la Seine se fondent dans les abysses,
Comme la barque de Charon, se perdent dans le Styx.
L'eau si verte y ressemble à celle du Léthé
Que des cadavres de bouteilles viennent polluer.
La tour Effel se dresse sur ce ventre cancéreux
Tel le dieu Hadès parmi les mânes soucieux.
Où es-tu Walhalla, douce nature natale,
Archipel d'Artémis couché près du Rheinfall?


Hopeless Lullaby


(merci à Lalo qui m'a donné envie de le faire avec son "pantum au clair de lune" dont je suis un grand fan^^)

Dans mon âme malade qui s'adonne à la nuit
Un violon macabre crache une symphonie
Une obscure sérénade pleine de Mélancolie
Comme un Marquis De Sade, qui, quand je pleure, rit.

Un violon macabre crache une symphonie
Pareil à une ballade ou une litanie
Mon coeur brisé, où râlent milles momento mori,
Ces obscures sérénades pleines de Mélancolie.

Comme un Marquis De Sade qui, quand je pleure, rit,
S'esclaffe, glousse et parade, durant mes insomnies,
Mon coeur brisé, où râlent milles momento mori.

Pareil à une ballade ou une litanie,
Je sens, qu'incontrôlable, dort en moi un fou qui
S'esclaffe, glousse et parade, durant mes insomnies.
(merci à Lalo qui m'a donné envie de le faire avec son "pantum au clair de lune" dont je suis un grand admirateur^^)

Dans mon âme malade qui s'adonne à la nuit
Un violon macabre crache une symphonie
Une obscure sérénade pleine de Mélancolie
Comme un Marquis De Sade, qui, quand je pleure, rit.

Un violon macabre crache une symphonie
Pareil à une ballade ou une litanie
Mon coeur brisé, où râlent milles momento mori,
Ces obscures sérénades pleines de Mélancolie.

Comme un Marquis De Sade qui, quand je pleure, rit,
S'esclaffe, glousse et parade, durant mes insomnies,
Mon coeur brisé, où râlent milles momento mori.

Pareil à une ballade ou une litanie,
Je sens, qu'incontrôlable, dort en moi un fou qui
S'esclaffe, glousse et parade, durant mes insomnies.

SOMNIUM SOLAE NOCTIS


Les longues eaux congelées de mon âme barbelée
Et ce vieux trois-mâts qu'elles font naufrager
S'étendent, épaves, au fond de mes souffrances sans noms.
Cette religieuse mante, aimante, qu'est mon amante
M'enlace dans ses filets et sans arrêts me chante
Cette vieille chanson qui tourne et tourne en rond:
"Dans son long, long sommeil, Amant plaintif appelle
Ah! lys de ma vallée maudite, ensorcelée!
Où t'es-tu évanouie? Où t'es-tu envolée?
Sans sa chaleur alliée, au cachot, Amant gèle,
Où es tu, mon amie....sa douce voix s'affaiblit
Et il ne la revit: on le trouva sans vie"
Les longues eaux congelées de mon âme barbelée
Sur les planches du trois-mâts ont fini par couler.


Onirocratie


Ma voile sombre dans les brumes d'une grande léthargie.
Dans ces limbes qui fument, ma coque ensevelie
Comme dans un tableau du peintre David Friedrich
Râle tel un vieux pipeau un "Ich langweile mich".
*
Alors, le temps s'arrête, le courant d'heures se fige
Et milles et unes fenêtre dans mon vertige s'érigent.
J'ouvre l'une d'entre elles et passe en un jardin
Aux allures de Pater ou de Claude Le Lorrain.
*
Dans ce verger de roses aux murs ciselés d'or,
Vêtue d'une longue robe aux teintes de l'aurore,
Vole vers moi un ange qui depuis hante mes errements,
Aux cheveux couleur nuit, aux yeux pleins d'océans!

*
Hélas! Déjà le vent remet ma voile à flot!
Mon Hollandais volant s'en retourne sans repos
Parmi les torrents d'âmes et les mers agitées
Songer à ma belle dame et sa grande beauté.



Sabbat solitaire

(à Jean-Charles Lair et Laurianne Parisot, en souvenir de nos élucubrations et divagations diverses facebookiennes^^)

Sous un pâle clair de lune, une gitane au sein doux
Discutait à la brune avec deux loups-garous.

"Dès l'Aube revenue, commence l'un des compères,
Je retrouve mon manoir perdu en Angleterre.
Et dans ce Neuschwanstein au milieu des marais
J'oppresse de ma poigne une armée de valets!"

"Quand Phébus dans le ciel a repeint le soleil,
Fit le second, je quitte ma part d'humain sommeil.
Et dans la Forêt-Noire, en mon piètre sérail,
Je berce les Walkyries et borde la Lorelei!"

"Quant à moi,Gentlemens, intervint la gitane,
Peu m'importe où me mène l'heure où la Nuit se fane!
Je traverse jungles et îles, où me guident les étoiles
Et sur mon chemin, je file mon immense toile"